AccueilRestez informésRevue de presseDL du 31/05/2018

DL du 31/05/2018

Alors que deux Suisses et une Italienne comparaissent, aujourd’hui, pour avoir aidé des migrants à passer la frontière, le point sur l’accueil des migrants en Savoie

Au centre d’accueil de Modane-Fourneaux, chronique d’une difficile attente

Depuis hier, la donne a un peu changé au centre d’accueil et d’orientation (CAO) de ModaneFourneaux. Jusqu’ici, les migrants accueillis étaient surtout afghans et soudanais. Là, on lui a confié 22 per sonnes or iginai res d’Afrique de l’Ouest. « C’est parce que nous avons 22 places disponibles », sourit Paule Tamburini, directrice de La Sasson. Auprès d’eux, l’équipe accomplira les mêmes missions : évaluation de la situation sociale et administrative, suivi de la démarche d’asile, cours de français, soutien au quotidien. Dans l’agglomération modanofornioline, en fait, les migrants sont quasitransparents. « Ils font tellement peu parler d’eux que la population s’interroge », sourit François Chemin, maire de Fourneaux. « Il y a un an et demi, quand ils sont arrivés, on n’était pas rassurés. Aujourd’hui, on dit qu’on peut continuer », renchérit son collègue de Modane, JeanClaude Raffin. L’état psychologique est souvent détérioré par le vécu, et l’attente Pourtant, malgré les sourires de ceux que l’on croise en ville, tout n’est pas rose dans la tête des jeunes gens hébergés. Les blessures psychologiques, parfois physiques, nécessitent souvent une prise en charge. Parfois, des tensions naissent quand le dossier de l’un avance, alors que son colocataire, pourtant arrivé plus tôt, voit le sien stagner. Les nouvelles, pas toujours bonnes, venues du pays d’origine peuvent faire sombrer dans un état dépressif. « Il nous fallait une équipe très professionnelle sur l’accompagnement social », avoue Anne Debernardi, chef de service. Outre elle, une animatrice, une éducatrice et un éducateur spécialisés, un “maître de maison” et trois veilleurs de nuit s’occupent des migrants. Tout est payé par l’État. Autour du CAO gravite une foule de bénévoles. La CroixRouge, le Secours catholique, la Banque alimentaire sont très présents. Pour n’en citer qu’un, Christian Facon, maire adjoint de Modane, donne un cours de français tous les matins. « Nous travaillons sur leur autonomie », explique Anne Debernardi, « il faut qu’ils comprennent comment fonct ionne not re pays ». Parfois, ils tombent de haut : les passeurs leur ont vendu un rêve fait d’or et de miel, et ils s’aperçoivent que pour vivre en Europe, il faut travailler, que ce n’est pas facile, et que le statut de réfugié n’est pas automatique… « Nous en accompagnons certains dans une démarche d’aide au retour », souligne Paule Tamburini. Les Afghans se lient plus facilement avec la communauté turque Ça n’est pas la majorité, cela dit. Certains partent sans rien dire, empêtrés dans leur désir d’Angleterre. Les autres sont là, et souvent s’ennuient. « Les gens d’ici sont sympas », sourit François Chemin, « mais ils ne sont que 3 500. » « À Chambéry, c’est plus facile de se faire des relations », confirme Anne Debernardi. Les Soudanais ont plus de mal à trouver leurs marques que les Afghans, à qui les montagnes de Maurienne rappellent celles de leur pays, et qui tissent plus facilement des liens avec la communauté turque locale. Ils savent aussi qu’ils ont, plus que d’autres, des chances d’obtenir l’asile. En plus du suivi au quotidien, « on essaie de proposer au moins une activité par semaine », indique Lucie Russo, éducatrice. Les migrants ont adoré la Journée de la citoyenneté avec les élèves du collège local. Certains sont allés au collège, ont présenté leur pays, leur culture. Leurs exposés ont été affichés à la bibliothèque municipale de Modane. Les rudiments du code de la route, un premier pas vers l’intégration Ils n’ont pas le droit de travailler, mais il ne leur est pas interdit d’aider. Cet été, quelquesuns participeront au chantier de réfection des forts de l’Esseillon, au côté d’autres bénévoles venus du monde entier. D’autres, dans quelques jours, donneront la main pour le déménagement de bureaux à la mairie de Modane. Ils ne seront pas payés, mais la commune accordera un pécule au CAO, ce qui permettra de financer des activités. Il y a peu, une idée de l’équipe du CAO a fait un tabac auprès des migrants hébergés. Un appel à la population a permis de collecter une vingtaine de vélos. Révisés, réparés, ils sont confiés aux pensionnaires du CAO. « Ça a été un vrai travail de leur faire comprendre les bases du code de la route », sourit Anne Debernardi. Le début d’une intégration qui, pour beaucoup, s’arrêtera tout net, lorsque les recours auront été épuisés. Frédéric THIERS

Instant “musique” dans la salle d’animation du centre d’accueil et d’orientation de Fourneaux. Photo DR

Trois situations possibles

Avant de se voir accorder, ou refuser, le statut de réfugié, le migrant peut se trouver dans trois situations : procédure normale : il n’est pas issu d’un pays dit “sûr” et n’a pas fait de demande d’asile dans un autre pays. procédure accélérée : il est issu d’un pays considéré comme sûr, ou la prise d’empreinte n’a pas pu être faite. Les chances d’obtenir l’asile sont faibles. procédure “Dublin” : un enregistrement a été fait dans un autre pays d’Europe. Les droits à l’hébergement, à la santé, etc. sont en gros les mêmes pour tous pendant la période d’examen de la situation, mais le “dubliné” ne peut déposer de demande d’asile en France, il doit le faire dans le premier pays où il a été enregistré.

DÉCRYPTAGE

La demande d’asile en Savoie

1 | Un département très concerné

Les demandes d’asile étaient en hausse de 14 % en France en 2017, par rapport à l’année précédente. Mais pour la Savoie, l’augmentation est de 60 %.

2 | Le dispositif de La Sasson

L’Association savoyarde d’accueil, de secours, de soutien et d’orientation dispose de cinq centres pour 117 : 20 à Aiguebelle (depuis octobre 2015), 20 puis 10 à Aix-les- Bains (même date), 35 à Fourneaux et 20 à Modane (depuis octobre 2016), 32 à Ugine (depuis mai 2017). À Modane et Fourneaux, le dispositif comprend sept appartements pour loger les migrants en “colocation”, un appartement servant de bureau et de logistique, et une salle commune pour des cours de français, les activités de détente, le sport, etc. Par ailleurs ADOMA gère l’ancien hôtel Formule 1 de Chignin qui dispose d’une capacité d’accueil de 96 places et a accueilli en août 2017 de premiers migrants.

3 | Les chiffres de l’accueil

À Modane et Fourneaux ne sont accueillis que de jeunes hommes isolés. Depuis le 24 octobre 2016, on en a dénombré 131, les trois quarts avaient entre 18 et 30 ans. 40 % étaient Soudanais, 30 % Afghans, 10 % Érythréens. Près de la moitié sont restés moins de trois mois. Parmi les 55 présents au 31 décembre, 20 étaient en situation de recours devant la cour nationale, 16 en procédure de première instance, 10 avaient obtenu l’asile. “Fête d’ici et ailleurs”, dimanche à Modane

La Fête d’ ici et d’ailleurs a lieu dimanche, et les migrants du CAO y seront. Modane et Fourneaux travaillent ensemble pour organiser cette manifestation, créée à l’origine il y a deux ans, pour rassembler les habitants de diverses nationalités présentes dans les deux communes, depuis longtemps terre d’ immigration. Aux Turcs et Portugais, les deux communautés les p l u s importantes, s’ajoutent bien d’autres origines. L e s demandeurs d’asile tiendront un stand, prépareront des plats de leurs pays. « Ça n’est pas très facile parce que ça tombe en plein ramadan », concède Anne Debernardi, mais la volonté de participer est bien là.La fête durera de 11 à 20 heures, place de l’Europe, devant la salle des fêtes de Modane. L’objectif de cette journée est avant tout festif. La fête doit être un vrai moment de partage. Les “Alpini” de Bardonecchia viendront avec leur chaudron pour préparer une polenta géante offerte. Chacun accompagnera sa polenta avec un plat qu’il choisira sur les stands italien, portugais, turc, et donc aussi africains ou afghans. Le Sou des écoles proposera lui aussi des repas. Dans l’après midi, des groupes folkloriques interviendront, avec de la musique française, italienne, portugaise, turque… Un espace de jeu sera dédié aux enfants, avec un trampoline géant, des structures gonflables, un atelier de maquillage et des jeux organisés par les élèves de l’école d’animation “Happy resort”. Dans l’après midi et dans l’esprit “d’ici et ailleurs”, aura lieu un lâcher de 500 ballons bio, sur lesquels chaque enfant ou adulte pourra écrire d’où il vient. La journée se terminera en musique avec un concert du groupe de rock suédois “The Creeps”. Valentin RIVOLLIER

Le club a passé deux weekends et a combattu les Vikings Maurienne Escrime remarqué aux Médiévales d’Andilly

Le groupe artistique regroupant les sections de Modane et SaintJean a combattu les Vikings pour défendre sa chapelle, les Vikings voulaient s’emparer de sa bannière. Les chevaliers de Maurienne ont gagné, les Vikings prendront leur revanche en 2019. Six “Chevaliers de Maurienne” (Melchiade, Gaétan, Tom, Timothé, Liam, Quentin) ont pu combattre dans la lice avec des piques, en plus du chevalier en armure, Nicolas. Assemblée générale de Maurienne Escrime et fête du club à Modane le 24 juin avec remise des blasons, compétition pour tous les âges et démonstration d’escrime artistique.

La troupe des chevaliers de Maurienne.

Dorian Maknamara de retour dans sa ville pour jouer son nouveau spectacle, “Imagination”

Originaire de Modane, le magicien Dorian Maknamara est venu tester samedi son nouveau spectacle, “Imagination” avec son public. De son vrai nom Philippe Chapon, c’est à l’âge de 7 ans qu’il a une révélation alors qu’il regardait un spectacle de magie à la télévision  : celle d’être magicien. Cet enfant du pays a attendu d’avoir 18 ans pour partir vivre à Lyon et travailler dans un magasin spécialisé dans le matériel et l’art de la magie. Cette expérience lui permet de rencontrer des professionnels qui lui apprennent de nouveaux secrets. Puis, vers 1920 ans, il est engagé dans les cabarets Lyonnais. À ce moment-là, il commence réellement son métier de magicien. Les débuts sont difficiles mais Dorian ne baisse pas les bras car il tient à se faire connaître. Il y a trois ans, il se dirige vers Las Vegas et fait la connaissance de grands noms de la magie comme David Copperfield. Cette aventure le pousse à se diriger vers un nouvel univers celui du mentalisme. « J’ai commencé des spectacles un peu plus évolués et plus imposants », souligne-t-il. Depuis un an, il est sur la création de son nouveau spectacle “Imagination”. Sa première représentation date d’il y a un mois et demi. « À la base, ce spectacle est construit pour les cafés théâtres, mais je voulais le jouer à Modane pour le tester avec mon public  ». Il se produira prochainement dans les cafés théâtres parisiens et lyonnais et confirme qu’il a de grandes ambitions pour l’avenir. Valentin RIVOLLIER

Plus de renseignements : www.dorian-magicien.com

Dorian Maknamara sur la scène de la salle des fêtes, où il aime revenir au moins une fois par an. Photo Le DL/V.R.

Dix-neuf pêcheurs à L’Illaz au concours de la Gaule mauriennaise

Samedi matin avait lieu au plan d’eau de l’Illaz un concours organisé par la Gaule mauriennaise. Il a réuni 19 passionnés. En contrepartie d’une participation de 10 €, chacun avait le droit de pêcher six truites, la limite étant fixée par le règlement de l’association à six prises par jour et par pêcheur. Les trois premiers ont été récompensés d’un bon d’achat dans un magasin de pêche et ont pu repartir avec leur butin. Le classement s’est fait en fonction du temps qu’ont mis les pêcheurs pour attraper leurs six poissons. Il aura fallu moins de 18 minutes à Yoann, arrivé en tête, pour y parvenir.

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