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DL du 28/10/2016

LA SAVOIE HÉBERGE DÉSORMAIS 68 RÉFUGIÉS VENUS DE CALAIS Les derniers migrants sont arrivés hier

Après Aix-les-Bains, les trois sites retenus en Maurienne ont accueilli, hier matin, 58 migrants expulsés de Calais et essentiellement originaires d’Afghanistan. Nous avons suivi leur installation hier après-midi à Modane et Fourneaux. Photo Le DL/Sylvain MUSCIO

Premiers pas en Maurienne pour les réfugiés de Calais

Hier, 52 hommes sont arrivés dans les deux centres des deux communes

« Papy, regarde, y’a des migrants ». Parmi les 700 habitants de Fourneaux, les six hommes noirs qui prennent le soleil à côté des bâtiments du Rocher fleuri ne passent pas inaperçus. Pourtant, la phrase de ce petit garçon blond sera la seule remarque entendue hier dans la rue. Arrivés au petit matin de Calais et après une nuit dans un bus, ces six Soudanais découvrent leur nouveau lieu de vie. Pour les guider, ils comptent sur Mohammed, 28 ans. Il y a un an, il a quitté Calais pour l’accueil temporaire de Saint Michel de Maurienne. Avec son français débutant, il fait le lien entre les travailleurs de l’association La Sasson et les réfugiés. Parka sur le dos et claquettes au pied, tous profitent du calme et de la chaleur. À Fourneaux, ils sont 32, tous des hommes seuls, tous afghans, logés, à quatre ou cinq, dans des appartements vides de l’Opac. « On voit qu’ils sont plus dégourdis que nous. Je n’arrivais pas à faire marcher le chauffeau, l’un d’eux a réussi en deux minutes. Ce matin, après avoir dormi, certains ont nettoyé leur logement. On sent qu’ils s’approprient les lieux, qu’ils souhaitent y habiter. Beaucoup ne sont pas là pour repartir », explique la directrice de La Sasson, Paule Tamburini. Dans les appartements, beaucoup se retrouvent dans le salon pour discuter, fumer ou boire un café. La barrière de la langue porte bien son nom. Autour de Mohammed, ils sont nombreux à poser des questions. Avoir des papiers, apprendre le français ou, plus basique, laver ses vêtements, sont leurs premières demandes. « C’est difficile pour eux de se faire comprendre. Ils disent qu’ils ont choisi la région par hasard, mais ils sont bien ici. Les gens sont gentils  », traduit Mohammed. Ahmed, Ousmane, Nasradine ou Farouk… Des prénoms pour autant de parcours différents. Beaucoup ont en commun d’avoir laissé quelqu’un au pays. Ce Soudanais aux cheveux courts n’a pas parlé à sa femme et à son fils depuis deux mois. Parti pour l’Angleterre, il souhaite maintenant rester et travailler en France. Une procédure qu’il lancera dès le début de la semaine prochaine. Pour l’heure, avec ses compagnons de galère, « ils ont besoin de se poser, de reprendre une vie plus normale », relève un bénévole et conseiller municipal de Fourneaux, René Ratel. Agnès BRIANÇON MARJOLLET Hier après-midi, premier contact avec les paysages de Fourneaux pour ses six Soudanais et leur guide et traducteur, Mohammed (premier à gauche). Photos Le DL/Sylvain MUSCIO

Accueil des migrants : qui paye quoi

Logement : les appartements de l’Opac attribués aux migrants de Calais sont vides depuis plusieurs années et sans demande. Leur location est prise en charge par l’État. o Nourriture : c’est La Sasson, via les associations caritatives, qui fournit la nourriture. o Électricité et eau : payés par l’État. o Personnel : trois travailleurs sociaux et un veilleur de nuit sont attachés à chaque centre. Ils sont payés par La Sasson. o Aide financière : les réfugiés peuvent bénéficier de l’Aide aux demandeurs d’asile. Elle est de 6,80 euros par jour. Elle est débloquée trente jours après le dépôt d’un dossier de demandeurs d’asile. Pour l’heure, les réfugiés de Calais ne peuvent pas y prétendre.

À Modane, les Afghans prennent leurs marques

Dans le centre d’accueil de Modane, cet Afghan, presque majeur, montre la chambre qu’il partage avec trois autres personnes. Photo Le DL/Sylvain MUSCIO

À Modane, le centre d’accueil et d’orientation héberge vingt hommes, essentiellement des Afghans. Dans cet appartement du troisième étage, c’est l’heure du thé pour trois migrants de 32, 17 et 18 ans. Pour communiquer, l’anglais s’impose. « On est bien ici, il n’y a pas de problème. J’ai laissé ma femme et mes quatre enfants. J’espère qu’ils pourront me rejoindre en France », explique cet homme. Là aussi, les lieux sont propres, les chaussures posées à l’entrée des chambres. « Les gens sont gentils, ils nous aident beaucoup. Les montagnes, ça ne me fait pas peur », explique ce presque majeur. Dans la cuisine, deux réfugiés s’activent, comme à Fourneaux, pour faire marcher la machine à laver. « Même s’ils n’ont que deux vêtements dans un sac plastique, c’est la première chose qu’ils ont souhaité faire aujourd’hui. Les machines ont tourné toute la journée », rapporte le maire de Fourneaux, François Chemin, qui a visité le centre de sa commune hier soir, avec le sous préfet. La nourriture a aussi été un centre d’intérêt. « Ils ont mis un peu de nourriture de côté. On voit qu’ils ont manqué de tout », précise-t-il. Avant la fin de la semaine, les réfugiés des deux communes seront vus par un médecin pour un premier bilan de santé. Lundi prochain, des représentants de l’Office français d’immigration se déplaceront à Fourneaux et Modane pour débuter les procédures de demande de papiers. A.B.M.

Dans les appartements, la vie quotidienne a débuté avec café et vaisselle au programme. Les réfugiés ont été accueillis au petit matin par plusieurs élus des communes dont le maire de Modane, Jean-Claude Raffin, et des bénévoles. Photo Le DL/Sylvain MUSCIO.

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