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DL du 19/12/2014

Depuis la rentrée, les jeunes des quatre classes de sixième du collège de la Vanoise ne sont pas notés Le premier bilan d’un collège qui teste un enseignement sans note

Pour les élèves de sixième du collège de la Vanoise, à Modane,l’arrivée des bulletins de notes du premier trimestre n’a pas été stressante. Et pour cause : ils n’ont pas eu de note. Depuis la rentrée, les 97 élèves sont évalués en fonction de l’acquisition, ou non, de compétences (voir l’info en +). Une révolution dans le système scolaire, menée par les professeurs. Parmi eux, Philippe Delhomme, professeur d’histoire et géographie.« Je suis un fervent militant de l’absence de note. Les notes n’apportent pas grand­ chose. Elles sont comme un thermomètre : elles donnent la température, mais pas la maladie », explique ­t-­il. Dans sa classe, les élèves sont nombreux à participer. Un changement qu’il attribue au nouveau système : « Il n’y a plus le côté sanction de la note. Aujourd’hui, ils ont un vrai plaisir à apprendre ». « Une autre façon d’enseigner, plus à l’écoute » L’absence de notation joue également sur l’enseignement. « On est dans une autre façon d’enseigner, plus à l’écoute des élèves. Dans les prochains mois, je vais changer la disposition de la salle pour favoriser le travail en groupe. Sans note, on ne stigmatise pas les bons et les mauvais élèves. L’objectif, c’est de les inciter ensemble, à s’entraider », détaille­t-­il. Une évolution vécue également par les responsables du collège. « Dans les commentaires faits par les professeurs sur les bulletins de compétences, on voit davantage de conseils sur des axes à développer, sur les points à approfondir.Qu’on le veuille ou non,il y a une part de subjectivité, même dans les notes. Là, il s’agit de juger une compétence et c’est plus objectif ». Lors de la rencontre avec les parents, Pascal Delhomme a dû expliquer. « Ils ont eu des notes dans leur scolarité et voir leurs enfants sans note, ça les intrigue. Mais, ils sont satisfaits. Certains m’ont dit qu’ils avaient regardé plus attentivement le bulletin que lorsqu’il y a des notes. C’est un bon début, j’espère que cette évolution se poursuivra, malgré la pression de la société ». Agnès BRIANÇON­-MARJOLLET

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Ce qu’en pensent les élèves Dans la 6eC, les avis sont partagés autour de l’absence de note. Parmi ceux qui préfèrent avoir une note, il y a Enzo. « Pour moi, entrer au collège, c’est avoir des notes. On m’avait parlé que de ça. Du coup, ça me gêne de ne pas en avoir », explique-­t-­il. Même son de cloche pour Mélissande : « Les acquisitions, ça ne veut pas dire grand-­chose. Un chiffre, c’est mieux. » Furkan, lui, aimerait pouvoir discuter avec ses amis : « Ils me disent qu’ils ont eu telle note et ils me demandent la mienne. Moi, quand je leur dis “en cours d’acquisition”, ça ne veut rien dire. » Les réfractaires restent minoritaires. Dans la classe de Philippe Delhomme, les “pros sans note” sont nombreux  : « L’an dernier, il y avait des notes et je levais moins la main, j’avais peur de me tromper et d’être mal notée. Là, c’est mieux, je participe plus », explique Souane. « Avec les notes, on peut avoir 0 sur 20 et avoir tout compris ou l’inverse. Là, je sais où sont mes problèmes  », détaille Mathis. Thimothé, lui, trouve « les notes stressantes. Le dire aux parents, parfois, c’est stressant. Là, c’est mieux, on parle ce que je sais et ce que je ne sais pas ».

L’INFO EN + CHIFFRES Le système de classes sans note concerne uniquement les quatre classes de 6ùe du collège de la Vanoise, soit 97 élèves. PRATIQUE Dans chaque matière, cinq à six compétences ont été isolées. L’élève est évalué dessus tout au long de l’année suivant quatre appréciations : non acquis/en cours d’acquisition/acquis ou expert. Une partie concerne les compétences transversales, communes à toutes les matières. Elles sont évaluées par les professeurs de chaque discipline. AU NIVEAU NATIONAL Début décembre, un séminaire gouvernemental a concerné le développement du système sans note dans les écoles.

« On a la chance d’avoir une équipe éducative innovante » Le principal adjoint, Bertrand Lazzari et le principal, Olivier Miquet sont des hommes chanceux : « il y a des établissements où il faut inciter fortement les professeurs à se lancer dans cette opération. Là, la demande est venue d’eux », explique le principal, Olivier Miquet. Lors de l’année scolaire précédente,« au cours d’une réunion collège­ écoles, on s’est dit qu’il faudrait arriver à créer des niveaux sans note, comme c’est le cas dans le primaire. Les professeurs m’ont dit : “on est prêt, c’est quand vous voulez” », relate Bertrand Lazzari. Une motivation qui a entraîné les professeurs les plus réticents. « Une professeur de français, proche de la retraite, a accepté de mettre à plat son enseignement et de tenter l’expérience, même si elle était sceptique. Aujourd’hui, elle dit que ça a changé son contact avec les élè­ ves ». D’une manière plus générale, ils estiment que ce système sans note « permet de cibler plus précisément les difficultés d’un élève alors qu’une note va les masquer ». Le plus long travail a été de définir les compétences à évaluer et réaliser un nouveau bulletin scolaire. « Tout le système a été présenté aux parents lors d’une réunion, juste après la rentrée. Lors des rencontres entre parents et professeurs,il yaune semaine, les réactions des parents étaient positives », relève Bertrand Lazzari. À la fin de l’année, un bilan sera fait. « On aura alors trois solutions : soit on abandonne, soit on poursuit avec les mêmes élèves en 5e plus ceux de 6e , soit on recommence uniquement avec des élèves de 6e », explique le principal, convaincu que l’école sans note a de l’avenir.

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