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DL du 19/01/2016

VALFRÉJUS CINQ LÉGIONNAIRES MORTS LORS D’UN EXERCICE

Cinq légionnaires tués dans une avalanche à Valfréjus

Appartenant au 2e Régiment étranger de génie de Saint-Christol (Vaucluse), ils étaient en Maurienne pour un aguerrissement en montagne. Cinq légionnaires sont morts hier, pris dans une avalanche, lors d’une sortie en ski de randonnée. Ce régiment avait déjà perdu un homme dans les mêmes circonstances en 2012 à Valloire.

C’est l’avalanche la plus meurtrière en Savoie depuis 2002.

Le ministre de la Défense se rendra sur les lieux aujourd’hui. La neige a déjà tué sept skieurs en Savoie en 2016

Les légionnaires du 2e Reg de Saint-Christol (Vaucluse) ont quitté la station en début de soirée. Photos Le DL/Thierry GUILLOT

Les militaires rescapés ont été recueillis et pris en charge à la salle du Thabor dans la station de Valfréjus. Photos Le DL T.G./Gh. G

Les opérations de secours ont été intensives, hier. Trois hélicoptères, une quinzaine de pisteurs secouristes, des moniteurs et des maîtres-chiens comme Frédéric Millot (à droite), gardien de la paix à la CRS Alpes d’Albertville et maître-chien, étaient présents sur les lieux de sauvetage. Photos Le DL/T.G.

Hier, peu avant 14 heures, une avalanche s’est produite, vers 2200 m dans le secteur du col du Petit Argentier, à Valfréjus en dehors du domaine skiable de la station. Une cinquantaine de militaires du 2e Régiment Étranger de Génie de Saint Christol (Vaucluse) participaient à un exercice d’aguerrissement dans ce secteur très prisé des skieurs de randonnée. Quatorze d’entre eux ont été pris dans une coulée, suite au décrochage de plusieurs plaques à vent alors qu’ils montaient. Les légionnaires étaient équipés de DVA (détecteurs de victimes en avalanche) mais malgré l’intervention rapide des secours, portés en premier lieu par leurs camarades, cinq hommes sont décédés et neuf autres ont été blessés dont deux en état d’hypothermie. L’un d’eux a été héliporté à Grenoble. Son pronostic vital était, hier soir, engagé. Le parquet d’Albertville a saisi la gendarmerie pour une enquête judiciaire auprès de la section de recherche du PGHM de Saint Jean de Maurienne. Jean Yves Le Drian, ministre de la Défense se rendra sur site ce matin.

Neuf militaires ont été blessés lors de l’avalanche. Huit d’entre eux ont été évacués sur l’hôpital de Saint-Jean-de-Maurienne.

Christian Lichaire, guide de haute-montagne : « Le Petit Argentier n’est pas un col dangereux, ça dépend avec qui tu y vas, et à combien »

Christian Lichaire est guide de hautemontagne indépendant. Habitant en HauteMaurienne, il connaît bien les sommets et notamment le col du Petit Argentier : « il n’existe pas de col dangereux ou non. Ça dépend avec qui et à c omb i e n t u y v a s . Aujourd’hui (NDLR : hier), je n’y serai pas allé et surtout pas avec 51 personnes. Un skieur, ça peut passer ». Il décrit ce col comme « une combe beaucoup sous le vent, qui charge pas mal en neige. Cette donnée nécessite que l’on fasse attention aux plaques  ». Les conditions météos des derniers jours étaient conformes à ce scénario : « il y a eu beaucoup de vent qui a transporté la neige en grande quantité. Elle s’est amoncelée de manière instable sur les sommets ou les crêtes, elle ne demande qu’à partir ». Audelà et après les premiers éléments communiqués, Christian Lichaire ne comprend pas « pourquoi ils étaient tous les uns derrière les autres. Là, il fallait 150 mètres entre chaque membre. Dans ce cas, si une coulée était partie, le bilan aurait été moins lourd ».

Pour Christian Lichaire guide de haute-montagne « une grande quantité de neige s’est amoncelée de manière instable sur les sommets ou les crêtes, elle ne demande qu’à partir

LE CHIFFRE

3 c’était l’indice du risque, hier, dans la station de Valfréjus. Un risque “marqué” qui signifie que “dans de nombreuses pentes suffisamment raides le manteau n’est que modérément à faiblement stabilisé” et que des “déclenchements d’avalanches sont possibles parfois même par faible surcharge et dans de nombreuses pentes.”

LES RÉACTIONS

Jean-Claude Raffin, maire de Modane (à gauche du préfet Denis Labbé)

« C’est très dur. Ce soir, il y a beaucoup d’émotion. On peut dire qu’ils n’auraient pas dû être là, et après… Une enquête va être menée. Tout cela s’est passé hors du domaine skiable, on ne savait même pas qu’ils étaient là. La veille, ils avaient fait une reconnaissance, mais ils n’étaient que deux et tout c’était bien passé. Le fait qu’ils soient 50, ça a joué, forcément. Le lieu où est partie l’avalanche est une zone où beaucoup de Modanais y font des randonnées. Beaucoup disent qu’ils n’y seraient pas allés. C’est facile de dire ça après. L’avalanche faisait 400 mètres de large, c’était une vaste zone de recherches. Quand les pisteurs sont arrivés, 50 Arva étaient déclenchés, les balises sonnaient partout. À Valfréjus, on a tenté de réconforter les rescapés. Ils étaient prostrés, ils avaient froid. Tout le personnel de l’office et des gens de la station sont venus pour leur donner à manger, à boire, essayer d’apporter un peu de réconfort ».

Yann Chaboissier, directeur de l’office de tourisme de Valfréjus

« C’est une journée très triste. Je retiens cette image des militaires, assis sur un banc, silencieux, complètement abasourdis. Ils ont 22, 23 ans, c’était impressionnant. On a fait notre maximum pour les réconforter. Au niveau de la station, on a fermé le domaine et annulé les animations pour mobiliser tout le personnel sur cette opération ».

Béatrice Santais, députée

« C’est douloureux, je crois que je me souviendrais toujours du regard du capitaine qui accompagnait le groupe et que j’ai vu à Valfréjus. C’est terriblement difficile pour lui de revenir sans tous ses hommes. Ils sont tous très meurtris. Ceux qui n’ont pas été ensevelis ont tenté de sauver leurs collègues. À Valfréjus, l’ambiance était lourde, mais c’était aussi touchant, émouvant. Tous les sauveteurs, CRS, pisteurs, militaires, avaient le regard perdu. Il ne faut jamais sous-estimer la montagne. Il y a des familles dans la peine ce soir, on est avec elles ».

Rozenn Hars, conseillère départementale

« Je suis touchée par la mort de ces jeunes personnes. C’est un véritable drame. On espère qu’il ne sera pas plus lourd, et que les blessés s’en sortiront. Nos belles montagnes sont entachées par cette idée de la mort, alors qu’elles sont le décor pour tellement de belles choses. Aujourd’hui, elles sont noircies par ce drame, qui s’est déroulé hors du domaine skiable ».

François Chemin, conseiller régional

« J’ai une pensée pour ces jeunes gens qui se préparaient à sauver des vies et qui la perdent pendant un entraînement. Ils étaient dans la force de l’âge, c’est terriblement triste. Je pense aussi à mon collègue de Modane, Jean-Claude Raffin. Dans ces événements, le maire est en première ligne. À l’heure où c’est facile de taper sur les élus, j’aimerais que l’on n’oublie pas que ce sont eux qui gèrent de tels moments ».

À Fourneaux, la cérémonie des voeux est devenue une minute de silence pour les victimes

Habituellement, les maires de Fourneaux, François Chemin, et de Modane, JeanClaude Raffin font des voeux en commun. Hier soir, c’est seul que François Chemin a ouvert cette rencontre avec la population, dans une ambiance lourde. « J’ai une pensée pour mon collègue de Modane qui vit, ce soir, des moments très difficiles. Il est à Valfréjus aux côtés des rescapés. Je présente mes condoléances aux familles des victimes, nous avons une pensée pour elles ». Le nombreux public s’est alors tu pour une minute de silence. Hier soir, pas de grandes annonces, ni de remises de médailles. « Au lieu d’une cérémonie festive, nous avons voulu le strict minimum  », a expliqué le maire et conseiller régional, François Chemin. Dans la salle des fêtes, les conversations évoquaient le drame qui s’était joué quelques kilomètres au dessus des communes de Modane et Fourneaux. « C’est dur, il n’y a pas de mot, c’est dramatique. On se pose beaucoup de questions », évoque Yvette. À ses côtés, Alain « pense surtout aux familles. Ça me choque que l’on parle déjà de la sécurité, que l’on fasse des polémiques. J’espère que les blessés s’en sortiront ». Conseiller municipal de Modane, Xavier Lett, ne comprend pas ce qu’il s’est passé : « je connais bien le Petit Argentier et je n’y aurais pas mis les pieds aujourd’hui. Surtout à 51 personnes ». Beaucoup d’habitants ont une pensée pour le maire de Modane et la station de Valfréjus. « La station n’avait pas besoin de ça, surtout que ça s’est déroulé hors de son domaine skiable, dans un secteur de ski de randonnée  », souligne Jocelyne. Le maire d’Aussois, Alain Marnezy, se dit « très sensibilisé à ce type d’accident. Je sais tout le drame que ça représente pour les victimes, les membres du groupe et les élus de la commune. Ce soir, je compatis ». Dans ce groupe d’anciens combattants, l’incompréhension est totale : « pourquoi ils y sont allés alors que les vrais montagnards savaient qu’il ne fallait pas y aller. En plus, ils étaient très nombreux », s’exclame René. Louis, lui, rappelle que « l’armée, c’est la recherche de la performance. Ils ont peut être été dépassés par ça, au détriment de la sécurité  ». Agnès BRIANÇON MARJOLLET

Les habitants de Fourneaux et de Modane n’ont pas connu une cérémonie de voeux comme les autres. Elle a débuté par une minute de silence en mémoire des cinq victimes de l’avalanche qui a eu lieu dans l’après-midi. Photo Le DL

Trente-cinq ans d’amitié et pas une ride au comité des jumelages

Au bureau, on se félicite de la permanence de très nombreuses activités, mais on voudrait aussi voir l’audience du comité s’élargir à un public plus jeune. À droite, Corinne Durand et Gérard Peché, les rois de la soirée. Photos DL/L.M.

Dans un climat toujours serein et amical, l’assemblée générale du comité des jumelages a eu lieu, jeudi, en présence d’une délégation de Bardonecchia, conduite par le président Francesco Avato. Une liste impressionnante de rendez-vous La présidente Michelle Vernier a lancé un appel au renforcement des effectifs, surtout chez les jeunes, avant de livrer un panorama de toutes les activités effectuées en 2015, la plupart partagées avec Bardonecchia  : rencontres des enfants du primaire au Pian del Colle, promenade au clair de lune en Vallée Etroite, Traversée des Rois Mages, la Marche alpine passant par le col de Vallée Etroite, la fête patronale de Saint Hippolyte à Bardonecchia, la rencontre de boules, l’Automne italien, l’exposition mycologique de Bardonecchia, l’intervention à Sardières, lors de la remise des “Rubans du patrimoine” pour la réhabil itation du télégraphe Chappe, enfin le “repas de l’amitié” du 19 décembre. Roger Dutruc a souligné la bonne organisation de l’exposition mycologique. Sur le plan financier, Françoise Avenières a suggéré une hausse des subventions des communes de Modane et Fourneaux, pour éviter une augmentation des cotisations. Francesco Avato a souligné la grande joie que provoquent toutes les rencontres du jumelage, le maire Jean Claude Raffin a salué cette amitié, remerciant la délégation de Bardonecchia pour sa participation à la journée de novembre en hommage aux victimes des attentats de Paris. L’assemblée générale s’est terminée par des voeux de bonne année, avec dégustation de la galette des Rois. Corinne Durand et Gérard Peché ont été les rois de la soirée… Luisa MALETTO

Des projets pour 2016

Michelle Vernier a proposé de réaliser à Bardonecchia une manifestation similaire aux “Trois heures nautiques”, au vu de l’intérêt manifesté pour l’édition modanaise par l’équipe de Bardonecchia. Pour cette année, on espère une participation de Bardonecchia à la “Conviviale” de Valfréjus. Michelle Vernier suggère une journée de visite du télégraphe Chappe, et souhaite une rencontre entre les chorales des cités jumelles, peut-être pour Noël. La Marche alpine aura lieu au départ de Valfréjus, sans doute par le col de la Rho. Certains souhaiteraient la voir évoluer en randonnée en Maurienne ou en Val de Suse, mais le franchissement de la frontière reste une institution qui célèbre trente cinq ans d’amitié. Ce qui n’empêche pas d’ env i s age r d’autres randonnées.

L’INFO EN +

ALCOTRA Le maire Jean-Claude Raffin a évoqué les projets proposés à des financements européens “Alcotra” : ils concernent les événements culturels et sportifs, et peuvent donc impliquer le jumelage.

TUNNEL DU FRÉJUS

À propos de l’épineux problème du coût du tunnel, le maire a indiqué que la SFTRF mettait chaque année 100 passages à disposition, qui peuvent ensuite être répartis en fonction des besoins des associations.

Ils sont sélectionnés pour les championnats de France des clubs

L’équipe du club de tir de Modane présente à Saint-Badolph.

Lors du tour départemental du championnat de France des clubs, à Saint Baldoph, le club de tir de Modane était représenté par deux équipes adultes dans les disciplines carabine et pistolet 10 mètres. L’équipe des carabiniers composée de cinq tireurs (Corinne Casarin Durand, Audrey Bernard, Sonia Baladier, Vanessa Autret) et de la capitaine Émilie Gros, est médaille d’argent à la grande satisfaction des entraîneurs Bruno Casarin et Sébastien Gros. L’équipe des pistoliers composée de cinq tireurs (Catherine Marmorat, Lionel Riondet, Julien Kovacs, Pascal Riondet) et du capitaine et entraîneur Jean Baudrin a terminé troisième. Toutes ces équipes ont décroché leur sélection pour le tour régional des championnats de France des clubs.

Une soirée jeux sera organisée à la bibliothèque, vendredi 29 janvier

La bibliothèque municipale de Modane organise une soirée jeux “spécial loups-garous”. « Il est minuit, dormez braves gens… Ou pas : le paisible village de Thiercelieux est envahi par les loups-garous qui attrapent et dévorent un à un les paysans. Si personne ne réagit, c’est tout le village qui est menacé ! ». Ce jeu collectif fait participer jusqu’à 40 joueurs. Cette animation est ouverte aux adultes et aux jeunes de plus de 10 ans. Elle est gratuite et sur inscription. Elle aura lieu le vendredi 29 janvier à 18 heures à la salle de fêtes de Modane. En parallèle, la bibliothèque proposera des jeux de société pour jeunes et adultes.

MONTAGNE | Ils faisaient partie du 2e Régiment étranger de Génie de Saint Christol (Vaucluse)

Une nouvelle avalanche fatale à cinq militaires en Savoie

Les légionnaires ont été tués par une avalanche alors qu’ils s’entraînaient en ski de randonnée à Valfréjus (Savoie). C’est le deuxième accident meurtrier dans le massif alpin en moins d’une semaine.

Cinq légionnaires sont morts dans une avalanche, hier, à Valfréjus en Savoie. Et neuf ont été blessés, dont un en hypothermie jugée grave qui a été transporté au centre hospitalier universitaire de Grenoble. Les autres ont été évacués sur l’hôpital de Saint Jean de Maurienne. Ils faisaient partie d’un groupe de 52 militaires du 2e Régiment étranger de Génie de Saint Christol (Vaucluse) qui évoluaient en hors piste sur le secteur du col du Petit Argentier quand l’accident est survenu vers 13 heures. Deux plaques à vent se sont décrochées des sommets des crêtes, par rupture de charge, ensevelissant 14 personnes vers 2200 mètres d’altitude après avoir convergé sur le groupe. Les coulées ont dévalé sur 500 mètres de large et 500 mètres de haut. Le Drian est attendu ce matin sur le site Les militaires étaient en stage au GAM (Groupement d’aguerrissement montagne) de Modane depuis une semaine et pour trois semaines . Leur encadrement avait reconnu la veille cet itinéraire, selon le préfet de la Savoie Denis Labbé. Le risque d’avalanche était de 3 sur 5. Les secours sont arrivés 20 minutes après l’alerte. Un balai incessant d’hélicoptères a survolé la station et le domaine skiable a été très vite fermé pour mobiliser les personnels sur les secours. Une quinzaine de pisteurs secouristes et les moniteurs ont participé aux recherches. Cinq maîtres chiens d’avalanche, cinq CRS du détachement Alpes et sept gendarmes du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM), ainsi que trois hélicoptères des détachements aériens de Briançon et de Modane et du Secours aérien français ont été mobilisés. En tout une quarantaine de secouristes dont une partie des rescapés. Les victimes ont été pris en charge par les sapeurs pompiers. Un PC de crise a été installé dans une salle polyvalente à l’entrée de la station où ont été accueillis en fin d’après midi les militaires rescapés et blessés légers. Les recherches se sont terminées aux alentours de16h30. Les vacanciers interloqués par la présence d’autant de gendarmes ont très vite compris qu’il se passait quelque chose de grave. Les légionnaires stagiaires sont redescendus de la zone à bord de camions militaires. Très choqués, ils ont été reçus par le sous préfet, le maire de Modane et le directeur de la station et se sont vu offert une collation chaude. Ils sont ensuite retournés en car jusqu’à leur centre militaire où ils ont pu bénéficier de l’intervention d’une cellule d’urgence médico psychologique. L’enquête a été confiée à la brigade de recherche de Chambéry par le parquet d’Albertville. François Hollande a exprimé « la solidarité de la Nation » et la venue sur le site du ministre de la Défense a été annoncée pour ce matin. Jean Yves Le Drian devrait aller s’incliner sur les dépouilles des cinq militaires décédés et survoler le lieu de l’accident. « C’est une zone sur laquelle on procède à des purges au moyen d’explosifs, mais la situation ne semblait pas appeler une telle opération ces derniers jours » a précisé le préfet de Savoie. Les militaires en entraînement étaient habitués à évoluer en montagne, puisque ce sont des spécialistes des combats en montagne. Après ce drame, on ne savait pas hier soir, si leur commandement avait pris une décision quant à la poursuite de leur stage. C’est le deuxième accident mortel causé par une avalanche dans les Alpes en moins d’une semaine. Mercredi dernier, trois personnes, dont deux élèves d’un lycée de Lyon, avaient trouvé la mort sur une piste fermée de la station des Deux Alpes (Isère). Ghislaine GERBELOT avec Agnès BRIANÇON

Une vingtaine de personnes ont été ensevelies dans l’avalanche, et cinq n’ont pas survécu. Photo Le DL/Thierry GUILLOT

Le Groupe d’aguerrissement en montagne, une structure unique en France

Le GAM, qui ne faisait qu’héberger mais n’encadrait pas les victimes au moment du drame hier, est le Groupe d’aguerrissement en montagne. Basé à Modane (Savoie) il a succédé en 2010 au Centre national d’aguerrissement en montagne (CNAM) de Briançon (Hautes Alpes) et au Centre d’instruction et d’entraînement du combat en montagne (CIECM) de Barcelonnette (Alpes de Haute Provence) tous les deux dissous en 2009. C’est aujourd’hui la seule structure en France chargée de former les unités de l’armée de terre aux rudes conditions du combat en montagne. Fort d’une trentaine d’hommes, le GAM peut accueillir une compagnie d’infanterie soit une centaine d’hommes. Administrativement, il dépend du 13e Bataillon de chasseurs alpins de Chambéry mais il fait partie des huit centres d’entraînement en France rattachés au commandement des centres de préparation des forces (CCPF) dont l’état major est basé à Mailly le Camp (Aube). Le 2e Régiment étranger du génie auquel appartiennent les victimes est installé à Saint Christol (Vaucluse). Il est le régiment du génie de la 27e Brigade d’infanterie de montagne dont l’éta tmajor est à Grenoble. Appelé à évoluer sur tous les terrains extérieurs les légionnaires du 2e REG, dont certains sont actuellement déployés en Guyane, viennent régulièrement se former en montagne. Le 1er février 2012, cette unité avait déjà perdu l’un des siens dans une avalanche à Valloire (Savoie). Cinq hommes avaient été emportés par une plaque à vent et l’un d’entre eux, un caporal, avait été tué.

Une cinquantaine de militaires s’entraînaient hier sur le col du Petit Argentier, quand l’avalanche s’est déclenchée. Photo Le DL / Thierry GUILLOT

Les Alpes, terrain miné

Ce lundi, le niveau du risque d’avalanche était de 3 (marqué) sur une échelle de 5 sur l’ensemble des massifs des Alpes du nord comme du sud. Il était de 4 (fort) la semaine dernière quand est survenu le drame des Deux Alpes. Selon le Centre d’étude de la neige de Météo France, si le degré est moindre, l’arc alpin reste un terrain « piège ». « Si le risque de départ spontané a diminué, en revanche il se maintient concernant les avalanches déclenchées par les skieurs. » Et ce risque de niveau 3 contesté par certains experts, car il est assimilé à tort comme « moyen », fait appel à l’expérience des pratiquants. « Il exige aussi d’avoir un retour du terrain et une connaissance des conditions localement pour pouvoir se déplacer en sécurité », précise Cécile Coléou, au Centre d’étude de la neige. Les versants nord à plus de 2 200 mètres conjuguent toujours deux risques : celui de la sous couche ancienne très fragile et des risques de plaques friables en surface, notamment avec le vent. D’autres orientations ont également été soumises au vent le weekend dernier et les pentes présentent des risques, liés à de la neige récente, plus facilement identifiables. Du côté de l’ANENA (Association nationale pour l’étude de la neige et des avalanches), Dominique Létang, le directeur, met en garde contre un danger toujours élevé, « même si par endroits, on constate un début de stabilisation du manteau  ». Et de bien rappeler qu’en pareilles circonstances, il convient de limiter de se déplacer en groupes trop nombreux sur des pentes fragiles. « Plus que jamais, l’espacement entre les randonneurs ou skieurs est de rigueur. » Antoine CHANDELLIER

LES AVALANCHES LES PLUS MEURTRIÈRES

13 janvier 2016 : trois morts dont deux lycéens et un blessé en hors-piste, dans la station des Deux-Alpes (Isère)

24 janvier 2015 : six randonneurs du Club alpin français sont pris par une plaque à vent à Ceillac (Hautes-Alpes).

14 avril 2013 : trois skieurs tués dans une coulée de neige à Aussois (Savoie).

19 mars 2011 : trois Isérois emportés dans une avalanche à Ceillac (Hautes- Alpes).

11 janvier 2011 : quatre skieurs hors-piste tués par une plaque à vent à Val d’Isère (Savoie).

13 avril 2009 : trois Isérois décèdent dans une avalanche dans le secteur du Mont-Viso (Hautes-Alpes).

5 décembre 2010 : trois randonneurs chambériens sont tués en Chartreuse sous la Dent de Crolles. 11 mars 2009 : trois lycéens de la Motte-Servolex (Savoie) et leur guide sont tués à Valmeinier lors d’une randonnée à ski.

7 mars 2009 : trois randonneurs de Chambéry sont emportés dans le massif de Belledonne (Isère).

31 janvier 2006 : trois militaires d’un régiment de Lyon meurent lors d’une randonnée à ski dans le Dévoluy (Hautes-Alpes).

11 mars 2005 : trois randonneurs sont ensevelis dans le massif des Bauges (Savoie).

10 janvier 2004 : trois surfeurs meurent près de Tignes (Savoie) dans des avalanches déclenchées par eux-mêmes.

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