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DL du 18/08/2020

Maurienne : la gestion des déchets, affaire de spécialistes

Le Syndicat intercommunal de ramassage et traitement des ordures ménagères de Maurienne repart pour six ans en conservant une équipe d’élus rompus à un exercice délicat.

Le bureau du Sirtomm : de gauche à droite Jean-Claude Perrier, François Chemin, José Varesano, le président Christian Simon, Joël Cecille, Christian Jacob. Photo Le DL/F.T.

Fin juillet, le comité syndical du Sirtomm s’était réuni pour désigner son président. Sans grande surprise Christian Simon (Modane) s’était succédé à lui-même.

Le seul débat institutionnel possible concernant le Syndicat intercommunal de ramassage et de traitement des ordures ménagères de Maurienne est celui de son éventuel rattachement à une autre structure. Soit le Syndicat du pays de Maurienne, soit une communauté de communes élargie à l’ensemble de la vallée. Mais il y a bien jusqu’à 2026 pour y réfléchir.

Une représentation territoriale, des compétences thématiques

D’ici là, le Sirtomm garde son autonomie et ses compétences, très techniques quoiqu’intéressant le quotidien des Mauriennais. Personne n’a envie de voir les déchets s’accumuler devant sa porte, ni de payer plus cher pour les voir enlever.

Aux côtés de Christian Simon, un bureau très technique a été constitué. Chaque communauté de communes de Maurienne est représentée par un vice-président, mais les responsabilités sont transversales. Ainsi José Varesano (Saint-Julien-Montdenis), vieux routier du Sirtomm, premier vice-président, s’occupera des travaux et de la gestion patrimoniale. Les mains dans le cambouis.

Dans l’ordre, les autres vice-présidents sont François Chemin (Fourneaux) pour le traitement, Joël Cecille (Les Chavannes-en-Maurienne) pour la communication, Jean-Claude Perrier (Argentine) aux ressources humaines et l’action sociale, et Christian Jacob (Saint-Michel-de-Maurienne) pour l’hygiène et la sécurité.

Si Joël Cécille et Christian Jacob sont relativement nouveaux dans leurs rôles, Jean-Claude Perrier avait déjà été vice-président de 2008 à 2014. Quant à François Chemin, il rappelle avoir été impliqué dans la question des déchets « par accident, à la suite d’un décès ». En 2010, lorsque José Rico, maire de Randens, s’est désengagé de la structure, il lui a succédé à ce qui allait devenir le bureau de Savoie déchets. Mais la Maurienne avait déjà une histoire avec l’usine d’incinération de Bissy, ce qui lui a permis très tôt de créer une filière efficace de gestion de ses ordures.

François Chemin : « Je ne serai pas président de Savoie déchets »

Pour le vice-président sortant de la structure départemental, pas question de lutte d’influence ou de pouvoir pour briguer le fauteuil au-dessus. « Les plus forts tonnages ne viennent pas de Maurienne », explique François Chemin, qui voit à ce syndicat un rôle essentiellement technique.

« Nous ne faisons pas de politique à Savoie déchets », renchérit-il, « sinon que nous faisons beaucoup de choses en régie [directement par la collectivité publique], de façon peu chère, dans un monde de carnassiers qu’est celui de la gestion des déchets ».

Que deviennent les ordures des Mauriennais  ?

Les ordures non valorisables partent à l’incinérateur de Bissy, à Chambéry, géré par Savoie déchets.

Ce syndicat mixte (parce que des collectivités de statuts différents y adhèrent) possède un conseil de 39 membres, dont 6 représentants du Sirtomm, élus il y a quelques jours. Parmi eux, Christian, et François Chemin qui était vice-président de Savoie déchets sous la précédente mandature.

Il a profité de la réunion du comité syndical du Sirtomm pour expliquer aux nouveaux élus le fonctionnement de cette structure presque départementale, puisque le secteur de Saint-Pierre-d’Albigny, fait incinérer ses déchets à Pontcharra (Isère).

Première tâche : brûler. Les trois fours de Bissy détruisent par le feu 120 000 tonnes de déchets par an. Les fours sont d’autant plus efficaces qu’ils tournent à plein régime. C’est plus souvent le cas depuis l’an dernier, puisque les incinérateurs de Tignes et de Valezan ont été fermés.

Second rôle : gérer les déchets ultimes. De 15 % à 18 % de ce qui est brûlé demeure, sous la forme de mâchefers. « On essaie de récupérer les métaux non ferreux qui s’y trouvent », indique François Chemin. Ce qui reste est proposé au Département pour ses routes, à condition qu’il n’y ait plus de métaux lourds ou autres produits toxiques, auquel cas il faut l’expédier en Allemagne, moyennant 80 €/t, pour être enfoui dans d’anciennes mines de sel. Même destination germanique pour les résidus de fumées d’incinération piégés dans des filtres.

Car l’usine de Bissy ne sent pas, on serait bien en peine, en passant à côté, d’imaginer qu’on y détruit des ordures, à la base un peu puantes. De la vapeur d’eau, seulement, par dans l’atmosphère. « La chaleur produite sert à chauffer 4 600 logements plus l’usine Cémoi », précise François Chemin, « et quand il n’y a pas besoin de chauffer, on produit de l’électricité vendue à EDF ». Résultat des courses : grâce à sa performance, Savoie déchets bénéficie d’un taux de taxe sur les activités polluantes de 6 %, au lieu de 18 %. Cela, in fine, se traduit sur la facture présentée aux foyers du département, et de Maurienne en particulier.

Enfin, Savoie déchets est en charge du tri des déchets issus de la collecte sélective. Tout finit dans deux centres, à Gilly-sur-Isère et Bissy, « mais le problème, c’est qu’il y a tout et n’importe quoi », concède François Chemin. Une quinzaine de piqûres par aiguille est enregistrée chaque année (alors que la collecte des déchets médicaux est organisée par ailleurs), et sur les bandes de tri on voit parfois… des armes. « Là, on arrête tout et on attend les démineurs de Lyon », confie le vice-président sortant.

L’incivisme reste un problème majeur, et souvent coûteux. Il arrive que des bouteilles de gaz se glissent parmi les déchets à incinérer. « Quand une explose », précise François Chemin, « on arrête le four, on refait le revêtement réfractaire endommagé, et au moment du redémarrage il faut injecter jusqu’à 10 000 litres de fioul pour remonter la température à 700 degrés ».

Et qui paie la facture ? L’usager, bien sûr…

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