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DL du 18/01/2017

LA JUSTICE ENQUÊTE TOUJOURS SUR L’ACCIDENT DU 18 JANVIER 2016

L’avalanche avait tué six militaires

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Le 18 janvier 2016, sous le col du Petit Argentier, à Valfréjus en Maurienne, une avalanche emportait 18 soldats d’un groupe de 51 légionnaires du 2e Régiment étranger de génie de Saint-Christol (Vaucluse). La coulée faisait six morts et cinq blessés parmi les militaires qui participaient à un entraînement. Le risque était de trois (marqué) sur cinq. Le dossier est à l’instruction à Lyon. Un an après, retour sur les conditions dans lesquelles s’est produit cet accident. Archives photo Le DL/Thierry GUILLOT

Il y a un an, une avalanche tuait six légionnaires et en blessait cinq à Modane (Savoie)

C’est quasiment tout le versant au-dessus de l’itinéraire des légionnaires, encadrés par trois chefs de détachement, en direction du col du petit Argentier (à gauche) qui s’est délité, non loin de la station de Valfréjus sur la commune de Modane. Photo François Albasini

PAR ANTOINE CHANDELLIER

Ce jour-là, malgré les appels à la prudence, un groupe de 51 militaires évoluait en ski de randonnée sous le col du Petit Argentier, lorsqu’une avalanche a touché une trentaine de ces légionnaires du 2e régiment étranger du génie de Saint-Christol (Vaucluse). Une information judiciaire doit évaluer les responsabilités dans l’encadrement alors que ce drame pose la question de l’engagement des troupes alpines à l’entraînement. Ils s’appelaient Lal Bahadur Khapangi, Gheorghe Palade, Denis Halili, Samuel Simi, David Hetenyi, Touré Lamarana. Ils venaient du Népal, de Moldavie, d’Albanie, d’Italie, de Hongrie et de Madagascar. Ils avaient de 21 à 33 ans. Ces jeunes recrues, novices en montagne, sont mortes d’asphyxie et d’hypothermie lors de ce stage qui devait leur apprendre les rudiments du déplacement en terrain enneigé dans le cadre du brevet de skieur militaire. Ce 18 janvier 2016, Météo France affichait un risque de 3 sur 5 (marqué) dans les versants nord est au-dessus de 2200 m, à l’abri du vent dominant. Précisément la configuration de la pente où ils montaient, s’accentuant à plus de 30 degrés. Les trois quarts du versant surplombant leur itinéraire en direction du col du petit Argentier (2599 m), sur la commune de Modane, se sont détachés en plusieurs plaques à vent, à plus de 2600 m d’altitude, sous la crête sommitale avec une rupture de près d’1 m. L’avalanche a touché une partie du groupe, 250 m en aval, épargnant les randonneurs de pointe.

« Une ambiance électrique »

L’Association nationale pour l’étude de la neige et des avalanches (ANENA) avait publié un bulletin d’alerte trois jours auparavant, alors que trois skieurs, dont deux lycéens, venaient de mourir ensevelis aux Deux Alpes. Ils seront six à périr, mais sans l’expérience des rescapés pour sortir leurs compagnons de l’épaisseur de neige, sans la rapidité des secours et le mode opératoire des médecins, cette avalanche aurait pu être la plus meurtrière des Alpes françaises depuis 50 ans. On sait de sources militaires, que sur ce groupe de 51 hommes, une trentaine a été impactée par le meccano de plaques qui a vu la pente se briser, bien que le bilan officiel s’en tienne à 18 emportés. Certains ne seront que soufflés ou partiellement recouverts. Quand il est héliporté sur les lieux, le médecin du SMUR montagne de Saint Jean de Maurienne, Stéphane Baré se souvient d’une « ambiance électrique », un niveau de stress maximum. « Une partie des survivants avait du mal à communiquer. Et leurs potes étaient en dessous ». Selon le capitaine Anceau, commandant le détachement des CRS à Albertville, sa première équipe est arrivée moins de 15 minutes après l’alerte. Il est alors 13h20. Et le docteur Baré ne le saura que plus tard mais il y a encore 11 personnes ensevelies. « On s’est naturellement posé sur la zone supérieure de l’avalanche où il y avait le plus de monde en train de pelleter. Plus bas il y avait deux autres “chantiers”. J’ai dû déclarer d’emblée le décès de trois victimes ». En 14 ans de secours, il n’a jamais connu crise de pareille ampleur et en gardera un lourd traumatisme. « J’ai dû consulter un psy. On est préparé à donner le meilleur de soi pour un patient mais jamais pour faire face à un si grand nombre à la fois. » La coulée est partie sur 400 m de large et 300 m de dénivelé. « Dans la zone d’accumulation, on avait du mal à se déplacer entre les gros blocs. On trouvera une victime sous 2,5 m près d’un rocher. »

Médecine de catastrophe et autosauvetage des survivants

Entre les pisteurs de Valfréjus, les CRS basés à Courchevel et Briançon, les gendarmes du PGHM de Modane en renfort, une quarantaine de secouristes quadrilleront la zone avec cinq médecins. Parmi eux, François Albasini a mis en alerte les hôpitaux de Chambéry et Grenoble en plus de celui de Saint Jean. « En mode médecine de catastrophe, on a effectué un triage des patients en privilégiant ceux qui avaient une chance de survie.  » Et de saluer l’autosauvetage effectué par les militaires qui ont permis d’extirper les survivants de la furie blanche. Pour lui, c’est sûr les cinq blessés dont un restera handicapé doivent la vie sauve à l’ensemble de la chaîne de secours. La doctrine employée pour les moyens médicaux en dit long sur les conditions ce 18 janvier. « Une montée en puissance raisonnée de façon à ne pas désorganiser le système. Car ce jour-là le risque était important dans tout l’arc alpin et ça pouvait partir ailleurs », analyse François Albasini.

Le poids du groupe

De là découle la question au coeur de l’instruction judiciaire. Qu’allait faire ce groupe, ce jour-là dans ce secteur hors piste alors que les signaux étaient au rouge ? Les professionnels de la station voisine de Valfréjus mettent en cause le choix de cet itinéraire vu la taille du groupe et le risque affiché. La veille, les pisteurs secouristes avaient procédé à des déclenchements préventifs qui avaient vu partir le manteau jusqu’à la terre ou à la sous couche de base composée de gros sel, ces “gobelets”, grains anguleux qui traduisent une épaisseur fragile, remontant au début de saison mal enneigé, associés à une neige soufflée. L’un d’eux, Régis Tuaillon parlera de comportement suicidaire. « Avec les vents qu’on a eus la semaine dernière, c’était l’exposition maximum.  » Et de reprocher aux militaires de pas se renseigner auprès des acteurs locaux. Dominique Létang, directeur de l’ANENA pointera le nombre de personnes rassemblées dans la même pente et la pratique collective des troupes alpines : « Avec un tel effet de masse, il était illusoire d’appliquer des distances de sécurité alors que la situation d’instabilité était avérée. » Les investigations menées, notamment par l’expert judiciaire Richard Lambert et la Section de recherches de la gendarmerie de Chambéry confirment la thèse selon laquelle le départ de l’avalanche ne serait pas dû à la fatalité. Selon la première hypothèse, l’équipe de tête, arrivant au tiers supérieur de la pente, sous le col, aurait pu déclencher le phénomène à distance par propagation. La seconde évoque la surcharge exercée par l’ensemble du groupe sur un manteau précaire. La revue de l’ANENA, dans son numéro de novembre, mentionne « la présence d’une couche fragile enfouie de façon homogène sur une grande surface  ». Bref, ni présence d’autres skieurs en amont, ni rupture de corniche et encore moins, à cette époque de l’année, de variation de températures pour expliquer le phénomène en ce secteur vierge. Au printemps 2016, le procureur d’Albertville a transféré le dossier au parquet de Lyon, délégué aux affaires militaires. Ce dernier n’a pas répondu à nos sollicitations.

L’INFO EN + UNE UNITÉ DES TROUPES DE MONTAGNES

Le régiment étranger de génie (Reg) de Saint-Christol, a envoyé des compagnies sur différents théâtres d’opération du Sahel à l’Afghanistan. Basé sur le plateau d’Albion, il fait partie de la 27e Brigade d’infanterie de montagne, qui compte 6000 hommes, trois bataillons de chasseurs alpins, un régiment d’artillerie, un de chasseurs.

UN PRÉCÉDENT EN 1996

Le 5 septembre 1996, une avalanche emporte 11 militaires du 13e Bataillon de chasseurs alpins de Chambéry (quatre morts) à la Petite Ciamarella, après un épisode de neige et de vent. Le lieutenant en charge du détachement sera condamné à six mois de prison avec sursis pour homicide involontaire.

Quelles responsabilités pour l’Armée de Terre ?

Selon les procédures, toute sortie montagne lors des formations des troupes alpines est validée par la cellule de sécurité de l’unité concernée supervisée par un guide ou moniteur guide. Or le col du petit Argentier ne figurait pas dans la feuille de route de cette deuxième semaine du stage que suivaient les légionnaires dans le cadre du brevet militaire de skieur qui en compte trois. Pourquoi, ce jour-là, les trois chefs de détachement qui encadraient le groupe, assistés de 8 sous officiers chefs d’équipes ont-ils choisi cet itinéraire, vu le risque affiché et le nombre de stagiaires ? Pour allonger la sortie à 800 m de dénivelé, alors qu’en fin de formation les élèves doivent parcourir 1200 m avec armes et sac ? Une enquête interne à l’armée a été bouclée. Elle serait en ce moment sur le bureau du juge. Ce même régiment avait perdu un soldat polonais dans des circonstances proches en 2012 à Valloire, alors que cinq hommes avaient été emportés. L’Armée a du mal à remettre en cause la taille de ses groupes lors de ces entraînements, la justifiant par son arborescence d’encadrement, entre chefs de détachement, d’équipe ou de cordée, qui autorise des formations internes. « À Valfréjus, il y avait un personnel qualifié pour quatre élèves, la trame de compétences était respectée  », précisait au printemps le lieutenant colonel Bouchayer, officier montagne de la 27e Brigade d’infanterie de montagne à laquelle l’unité est rattachée. Reste la question du risque avalanche qui aurait dû pousser l’encadrement à évoluer sur un itinéraire plus sûr, près des pistes de Valfréjus. Voire s’abstenir. A.Ch.

Le risque d’avalanche aurait dû pousser l’encadrement à évoluer sur un itinéraire plus sûr, près des pistes de Valfréjus. Photo Le DL/Thierry GUILLOT

Le jumelage approche de ses 40 ans

L’assemblée générale du comité du jumelage, jeudi, a permis d’accueillir une délégation de Bardonecchia emmenée par le président Paolo Massara, des représentants du jumelage entre Sain tMichel de Maurienne et Condove, de l’Adapar et de la Dante Alighieri. La présidente Michelle Vernier a appelé les jeunes à rejoindre le jumelage  : « le 40e anniversaire approche à grands pas, nous en avons besoin pour le préparer au mieux ». Beaucoup d’activités ont été partagées en 2016 : promenade au clair de lune en Vallée Étroite, Traversée des Rois Mages, échanges entre écoles primaires, marche nordique à Aussois, Marche alpine par le col de la Roue, l’Automne italien, pour n’en citer que quelques unes. À trois reprises à l’automne, le maire Jean Claude Raffin est intervenu au cours de réunions, à Bardonecchia, Oulx et Turin, consacrées aux graves problèmes que rencontre la ligne ferroviaire Turin Modane. Il en a informé l’assemblée, mais pour l’heure, si les responsables du réseau ont reconnu qu’il n’y avait d’obstacle à une reprise de la liaison entre Bardonecchia et Modane, on est toujours en attente de réponses précises, et surtout suivies de faits, sur toutes les questions posées pendant ces réunions. Une fois le bilan financier et le budget proposés par Bruno Casarin (incluant les subventions des communes de Modane et Fourneaux) approuvés à l’unanimité, un point a été fait sur le programme d’activités. Les Modanais attendent une participation, absente depuis plusieurs années, à la Conviviale du 4 mars à Valfréjus. La promenade au clair de lune aura lieu dès février, et cette année la Marche alpine partira de Bardonecchia, empruntant le col de Vallée Étroite. Luisa MALETTO

Le tirage des Rois a couronné, cette année, Corinne Casarin et le président du comité de Bardonecchia Paolo Massara. Photo Le DL/L.M.

Bibliothèque : le comité de lecture souhaite accueillir de nouveaux membres

Le comité de lecture de la bibliothèque municipale est ouvert à tous les amoureux de lecture désirant partager leurs découvertes littéraires sans contrainte. Chacun, s’il le désire, peut y parler de ses coups de coeur littéraires. Le comité a fêté ses 2 ans cet été. Ses sept membres poursuivent leurs découvertes. Chaque mois, un thème est choisi : prix Inter, littérature italienne, prix Rosine-Perrier, coups de coeur, etc. Le dernier vendredi du mois, les lecteurs donnent leurs avis, discutent de l’écriture, des émotions que les textes ont suscitées. À l’issue de ces débats, les critiques sont mises en ligne sur le site bibliotheque.modane.fr. Il n’y a pas d’inscription préalable, tout le monde peut venir s’asseoir autour de la table. Une réunion d’information aura lieu le vendredi 20 janvier à 18 heures, sur place. Contact : bibliotheque-modane chez orange.fr ou 04 79 05 12 93.

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