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DL du 13/07/2019

AVALANCHE DE VALFRÉJUS

Quatre militaires devant la justice

Quatre ans après l’avalanche qui avait tué six militaires à Valfréjus, deux officiers et deux sous-officiers vont comparaître devant le tribunal correctionnel de Lyon. L’enjeu : faire la lumière sur les responsabilités dans ce drame.

Deux officiers et deux sous-officiers comparaîtront les 10 et 11 octobre devant le tribunal de Lyon près de quatre ans après l’accident qui avait endeuillé le 2e régiment étranger de génie de Saint-Christol (Vaucluse).

L e stage, organisé dans le cadre du brevet de skieur militaire, s’était soldé par l’une des plus grandes tragédies dans les Alpes. Malgré les appels à la prudence de l’association pour l’étude de la neige et des avalanches, 51 militaires du 2e régiment étranger de génie (REG) de Saint-Christol (Vaucluse), évoluaient ce 18 janvier 2016 sur les pentes du col du Petit Argentier (2 599 m), sur les hauteurs de la station de Valfréjus, sur la commune de Modane. Météo France affichait un risque marqué (3 sur 5) en versants nord-est à plus de 2 200 m à l’abri du vent dominant. Précisément la configuration de la pente où le groupe montait, s’accentuant entre 30 et 40 degrés. À la mi-journée, les trois quarts du versant surplombant l’itinéraire se sont détachés en plusieurs plaques à vent, depuis la crête. L’avalanche a touché une partie du groupe, épargnant les randonneurs de pointe. Une trentaine de soldats seront frappés par la coulée de 400 mètres de large ne laissant aucune chance à six jeunes recrues, mortes d’asphyxie et d’hypothermie alors qu’elles apprenaient le déplacement en terrain enneigé. Originaires d’Albanie, de Madagascar, d’Italie, de Moldavie, du Népal ou de Hongrie, ces légionnaires, âgés de 21 à 33 ans, devaient partir en mission en Afrique. Cinq autres seront blessés. Un corps sera retrouvé enseveli sous 2,5m de neige. Les sauveteurs décriront des « corps empilés, une ambiance électrique, un niveau de stress maximum ». Dans l’émotion du drame des voix s’élevaient, notamment du service des pistes, s’étonnant de la « démarche suicidaire » des légionnaires, dépendant de la 27e brigade d’infanterie de montagne (BIM). Et de mettre en cause le choix de cet itinéraire vu la taille du groupe et le vent qui avait soufflé fragilisant un manteau instable en ce début de saison. « L’enquête démontrera si les risques pris ont été appréciés avec les précautions qui s’imposaient », avait déclaré le ministre de la Défense d’alors, Jean-Yves Le Drian. À l’automne 2017, sur la base des conclusions de l’expert nivologue Richard Lambert et des investigations des gendarmes, le parquet d’Albertville transmettait le dossier à la juridiction interrégionale lyonnaise, compétente en matière militaire. Une information judiciaire contre X pour homicides et blessures involontaires était aussitôt ouverte afin d’évaluer les responsabilités dans l’encadrement. Ce drame reposait la question de l’engagement des troupes alpines à l’entraînement. Déclenchée par le groupe L’expertise a estimé que l’avalanche ne serait pas due à la fatalité : l’équipe de tête, arrivant au tiers supérieur de la pente, aurait pu déclencher le phénomène à distance par propagation à moins que ce ne soit la surcharge exercée par l’ensemble du groupe. La configuration des lieux rendait difficile le respect de distances de sécurité entre militaires. Selon les procédures, toute sortie en formation des troupes alpines est validée par la cellule de sécurité de l’unité concernée supervisée par un guide. Or, le Petit Argentier ne figurait pas dans la feuille de route de cette deuxième semaine du stage. Pourquoi les trois chefs de détachement assistés de huit sous-officiers chefs d’équipes ont-ils choisi cette option ? Dans son ordonnance du 26 juin dernier, le juge en charge du dossier décidait de renvoyer en correctionnelle quatre cadres de l’époque pour homicides et blessures involontaires : deux officiers, dont l’adjoint au commandant d’unité au moment des faits, et deux sous-officiers. Le procès est prévu les 10 et 11 octobre prochain à Lyon. Antoine CHANDELLIER

Les militaires participaient à un stage organisé dans le cadre du brevet de skieur militaire, sur les pentes du col du Petit Argentier (2 599 m), sur les hauteurs de la station de Valfréjus, dans la commune de Modane. Photo Le DL/Thierry GUILLOT

Unité des troupes de montagnes

Le régiment étranger de génie (REG) de Saint-Christol a envoyé des compagnies sur différents théâtres d’opération, du Sahel à l’Afghanistan. Basé sur le plateau d’Albion, il fait partie de la 27e brigade d’infanterie de montagne, qui compte 6 000 hommes, trois bataillons de chasseurs alpins, un régiment d’artillerie, un de chasseurs. Le régiment avait déjà été endeuillé en février 2012 à Valloire (Savoie), où une avalanche avait emporté cinq légionnaires, dont un Polonais décédé.

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