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DL du 08/01/2021

Les Mauriennais sont de moins en moins nombreux en Savoie

En cinq ans, la vallée a perdu 733 habitants, contre 1 050 durant le quinquennat précédent. Saint-Jean et les bourgs centres illustrent cette tendance un peu rassurante.

La Maurienne est à la Savoie ce que l’Allier, ou le Cantal, sont à la région Auvergne-Rhône-Alpes : un îlot de décroissance dans un océan d’expansion. L’Institut national de la statistique et des études économiques a rendu public les chiffres de la population légale entrés en vigueur le 1er janvier 2021 , ce que l’on appelle “population légale 2018”.

Alors que la Savoie a gagné, de 2013 à 2018 (1) , 10 000 habitants, la Maurienne en a perdu 733. Saint-Jean et Modane, les localités les plus importantes de la vallée, expliquent à elles seules les deux tiers de cette baisse, alors que la commune la plus dynamique du territoire, Saint-François-Longchamp, ne parvient à gagner que 78 habitants. Mais c’est énorme en proportion, et poursuit une croissance engagée depuis longtemps : les trois communes aujourd’hui réunies (Saint-François-Longchamp, Montaimont, Montgellafrey) ne comptaient ensemble que 435 habitants en 2008, et 545 maintenant.

➖ Les pertes les plus lourdes

➤ En pourcentage. 1. Saint-Colomban-des-Villards (-7,1 % par an sur 2013-2018), 2. Montricher-Albanne (-4,3 %), 3. Fontcouverte-La Toussuire (-2,3 %).

➤ En nombre d’habitants. 1. Saint-Jean-de-Maurienne (-285), 2. Modane (-222), 3. Montricher-Albanne (-116).

On quitte Saint-Colomban- des-Villards, on s’installe à Valmeinier

C’est juste en face, à Saint-Colomban-des-Villards, que la dégringolade est la plus marquée. Pourtant, de 2008 à 2013, c’était stable, avec même une très légère hausse. Puis 60 habitants de moins en cinq ans, qui ne sont pas dus à la mortalité : l’Insee estime le “taux de variation annuel moyen dû au solde migratoire apparent” à 6,1 %, le solde naturel à 1 % seulement.

Ça n’est pas le sort de tous les villages d’altitude, puisque certains font preuve d’un remarquable dynamisme. Ainsi Valmeinier a gagné une cinquantaine d’habitants en cinq ans, des jeunes venus travailler en saison et qui ont choisi de s’installer, semble-t-il. Le paysage de la montagne est ainsi très disparate : si Fontcouverte-La Toussuire subit un sévère tassement (60 habitants de moins en cinq ans), Aussois, qui en avait perdu une cinquantaine entre 2008 et 2013, en a regagné presque 60 depuis.

Bien sûr, les variations les plus pesantes sur le total se font sur les communes le plus importantes. Restons en montagne un instant pour constater que si Val-Cenis perd quelque 60 habitants, c’est pour retrouver, à 2 061 âmes, le niveau de 2008. Quant à Valloire, la baisse, due pour une large part au coût du foncier sur lequel la commune entend agir, la décrue se poursuit, avec 140 habitants de moins en dix ans.

➕ Les gains les plus élevés

➤ En pourcentage. Saint-François Longchamp (+3,1), puis quatre communes à 2 % de taux de variation annuel moyen sur la période 2013-2018 : Bonvillaret, Saint-Alban-d’Hurtières, Saint-Georges-d’Hurtières, Valmeinier.

➤ En nombre d’habitants. 1. Saint-François-Longchamp (+78), 2. Aussois (+58), 3. Valmeinier (+51).

Modane va-t-elle passer sous le seuil des 3 000 habitants ?

En fond de vallée, un gros bourg a stoppé la baisse : Saint-Michel-de-Maurienne, qui avait crevé le plancher des 2 500 habitants, n’en a plus perdu que vingt en cinq ans (2 466). On ne quitte plus Saint-Michel, le solde migratoire est redevenu positif. Le phénomène est amplifié à Fourneaux, sinistré jusqu’en 2013, qui regagne 14 habitants.

En revanche, la situation reste préoccupante à Modane, qui pourrait bientôt passer sous la barre des 3 000. La baisse ralentit, avec 500 Modanais de moins de 2008 à 2013, et 222, “seulement”, perdus depuis. Mais c’est juste un infléchissement, pas un changement de tendance.

Même chose à Saint-Jean-de-Maurienne, où l’hémorragie coule moins fort même si elle n’est pas tarie. S’il est une commune dont la situation n’incite pas à l’optimisme, c’est Montricher-Albanne, qui a perdu un tiers de ses habitants en dix ans, sur une courbe qui ne semble pas vouloir se redresser. Son solde migratoire semble même s’aggraver dans la dernière période de cinq ans. Seul espoir, ténu : le solde naturel (naissance-décès) se redresse un peu chez les Montrichelains. C’est d’ailleurs un cas presque unique, avec Saint-Sorlin-d’Arves. On part, mais ceux qui restent font plus d’enfants, ou vivent plus vieux…

(1) Ces dates sont fictives, et recouvrent en fait les résultats de recensements menés sur une période de cinq ans, de 2016 à 2020. Site www.insee.fr

Crise sanitaire : le Grac revoit sa programmation

« En attendant des jours meilleurs », précise le Groupe de recherche et d’action culturelle, en charge de la saison culturelle de Modane, tout en présentant ses vœux. De fait, les nouvelles ne sont pas très bonnes. Compte tenu de la situation sanitaire :

➤ La journée “Montagnes et sciences”, avec le Parc national de la Vanoise, prévue le vendredi 29 janvier, est d’ores et déjà annulée ;

➤ Le concert du trio “Quintessence”, programmé le lundi 15 février, n’est pas vraiment reporté, mais seulement « envisagé », pour le mois d’octobre ;

➤ Le spectacle “La moufle”, destiné au jeune public, reste en suspens pour le mois de février. Le Grac informera le moment venu sur son maintien, ou non, à la date prévue.

Savoie : on isolera bientôt les maisons avec de la laine de mouton

La laine des ovins de race thônes-et-marthod (comme ceux d’Emmanuelle Courtet, présidente du Groupement intercantonal de développement agricole de Haute-Maurienne), peu utilisable pour l’industrie textile, trouverait un débouché dans l’isolation. Photo Le DL /F.T.

7 650 euros, c’est le coût du travail que va engager la Chambre d’agriculture pour vérifier la pertinence et la viabilité économique du procédé. Pour être économes en énergie, les habitations mettront un pull…

Ça a eu payé, mais ça paye plus… C’est ce qu’explique Christian Finas, vice-président de la Communauté de communes de Haute-Maurienne Vanoise (CCHMV), à propos de la laine. Achetée 0,90 euros par kilo en 2010, elle ne valait plus, en 2016, que 30 centimes, et encore, pour de la belle, issue de mérinos. Pour de la laine dite “jarreuse”, comme celle de la race, fréquente en Haute-Maurienne, thônes-et-marthod, c’était cinq centimes. Et l’an dernier, elle n’a plus même été ramassée. Les ballots de laine traînent un peu partout.

Impossible à traiter dans le circuit d’élimination des déchets

« On n’en veut pas », clame même Christian Simon. Président de la CCHMV, il l’est aussi du Syndicat intercommunal de ramassage et de traitement des ordures ménagères de Maurienne, qui ne sait rien faire de ce qui est de plus en plus souvent considéré comme un déchet très encombrant.

L’industrie textile n’utilise plus, dans le monde, que 1 % de laine, pour 75 % de fibres synthétiques. Localement, si elle est de très grande qualité, elle peut être récupérée pour la fabrication de draps de Tarentaise, mais ça ne concerne qu’une toute petite partie de ce sous-produit de l’élevage ovin. Le traitement de la laine est d’ailleurs un savoir-faire en perte de vitesse en France.

Pourtant, la laine a d’immenses qualités : elle ne pourrit pas, ne brûle pas, et isole mieux que d’autres matériaux utilisés à cet effet. Pourquoi ne pas s’en servir pour des travaux de rénovation thermique des logements, voire de construction neuve ? C’est l’idée lancée par Christian Finas à ses collègues élus. Mais pour cela, il faut laver la laine et la traiter contre les mites (qui font les trous dans les pulls). C’est la rentabilité de cette opération que la Chambre d’agriculture Savoie-Mont-Blanc est désormais chargée d’examiner, moyennant 7 650 euros.

Le territoire ne manque pas d’atouts, à commencer par l’eau. À l’automne, il en tombe du ciel bien plus que de besoin. Dans le même temps, les stations d’épuration haut-mauriennaises, conçues pour traiter les effluents de la population touristique, sont en sous-capacité et pourraient largement absorber les eaux usées d’une unité de lavage et de traitement de la laine.

Ensuite, il ne resterait plus qu’à la conditionner sous forme de plaques, comme d’autres “laines” qui n’en ont que le nom. Si ça n’est pas du développement durable, qu’est-ce qui en sera ? Et franchement, dire « J’ai isolé ma maison avec de la laine du pays », ça fait classe…

Pour que ça marche, il faudra sans doute que les collectivités subventionnent ce type d’opération, comme elles aident à la rénovation des façades. C’est le prix du “circuit court”…

15 000 tonnes par an

C’est la masse de laine tondue chaque année, à l’automne, sur les 10 000 brebis de Haute-Maurienne. Pour la Maurienne entière, il faut en rajouter 7 000, soit 25,5 tonnes de laine en tout. Les Savoie sont terre ovine : les deux départements abritent 41 000 brebis, un potentiel de 61,5 tonnes de laine.

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15 000 tonnes par an

C’est la masse de laine tondue chaque année, à l’automne, sur les 10 000 brebis de Haute-Maurienne. Pour la Maurienne entière, il faut en rajouter 7 000, soit 25,5 tonnes de laine en tout. Les Savoie sont terre ovine : les deux départements abritent 41 000 brebis, un potentiel de 61,5 tonnes de laine.

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