AccueilRestez informésRevue de presseDL du 02/05/2017

DL du 02/05/2017

Depuis le 27 octobre et l’arrivée des réfugiés, des centres d’accueil et d’orientation ont été implantés dans les deux villes

S’intégrer, la priorité des migrants

Dans la salle commune, chaque jour, ils sont nombreux autour de la bénévole, Dominique, pour apprendre le français. Photo Le DL/Thierry GUILLOT

Une vingtaine de migrants serrés autour d’une longue table, stylo et cahier à la main. Cette scène se renouvelle tous les jours dans la salle commune du centre d’accueil et d’orientation (CAO) de Fourneaux. C’est là que les réfugiés en provenance des camps de Calais et Paris se retrouvent pour suivre des cours de français. Dans le rôle des professeurs, la dizaine de bénévoles qui se relaie auprès des 53 hommes accueillis. Depuis leur arrivée, il y a sept mois pour les plus anciens, leur attitude a bien changé. Les sourires sont davantage sur les lèvres, tandis que tous osent désormais dire bonjour, en français. Physiquement, les corps sont plus épais, les traits moins tirés et les cheveux ont pris de la longueur. « Ils ont vraiment pris leurs marques dans les deux centres, leur vie s’est organisée autour des cours de français et des démarches », explique l’un des bénévoles et adjoint au maire de Fourneaux, René Ratel. « De l’entraide entre eux » Preuve de leur envie de s’intégrer, c’est en français qu’ils tentent de répondre aux questions, allant même jusqu’à rabrouer l’un des leurs qui s’exprime en anglais. « Ici, on est heureux et contents. Parfois, on est un peu triste quand on pense à la famille, à notre pays. Mais, ça va », explique Nassradin, qui arrive d’Afghanistan. Laura, Dominique et René, qui assurent les cours de français ce jour-là, confirment que « le lien téléphonique avec la famille restée au pays est primordial, il faut vraiment le préserver ». « Quand ils ont vu le dernier massacre au Pakistan, beaucoup ont été marqués, touchés par les images. Mais ils n’en parlent pas », relève René Ratel. Dans les appartements, les hommes font également leur vie. « Dans les chambres, on s’est organisé pour la cuisine et le ménage », précise le Nigérien Baram. Selon les logements, ils sont de 6 à 12 à vivre ensemble. « Il a fallu un peu de temps pour qu’ils trouvent leurs marques, mais tout se passe bien. Certains traduisent même pour les autres, il y a de l’entraide entre eux, même s’ils ne sont pas du même pays », précise une des quatre salariés de l’association la Sasson, Aurore. La structure gère la vie quotidienne dans les deux centres de Modane et Fourneaux. En revanche, il est difficile pour les migrants de parler de ce qu’ils ont vécu avant d’arriver à Calais ou Paris. Seul un dessin fait par Kobrom dit ce qu’ils taisent. Sur une grande mer bleue, un petit bateau s’approche d’une rive. « On était 500 dans deux bateaux. On est arrivé à Catane (Italie), mais beaucoup sont morts », lâche-t-il. Désormais, tous regardent vers l’avenir et l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Cette structure gère les dossiers de demande d’asile des réfugiés. « On veut rester en France », confirme d’une même voix l’ensemble des migrants. Tous ne bénéficieront pas de l’asile français. « S’ils l’obtiennent, on travaille avec eux sur la recherche d’un emploi et d’un appartement. » En cas de refus, les réfugiés auront un mois pour aller dans un autre pays déposer une nouvelle demande ou repartir. « Le plus long aujourd’hui pour eux, c’est l’attente », conclut René Ratel. Agnès BRIANÇON MARJOLLET

LE CHIFFRE 53 migrants en provenance des camps de Calais en octobre, puis de Paris à la fin du mois de janvier, sont hébergés dans les centres d’accueil et d’orientation de Modane et Fourneaux. À Modane, 20 hommes sont accueillis, contre 33 à Fourneaux. Ils sont installés dans des appartements de l’Opac, inhabités et non demandés par de potentiels locataires depuis de nombreuses années.

Quatre salariés et une dizaine de bénévoles

Quatre salariés et une dizaine de bénévoles Au centre d’accueil et d’orientation de Fourneaux, quatre employés de la Sasson Aurore, Kathy, Germain et Morgane , gèrent la vie de la structure. Ils prennent en charge la constitution du dossier de demande d’asile, ainsi que l’attente qui en résulte. « C’est un travail compliqué moralement et physiquement car il y a beaucoup à faire et beaucoup de demandes », expliquent les salariés. Depuis deux semaines, une cellule de soutien psychologique a été mise en place. Une aide pour des réfugiés qui évoquent très peu ce qu’ils ont vu et vécu avant d’arriver en France. Depuis leur venue, les réfugiés sont aussi entourés par une dizaine de bénévoles. Que ce soit pour des cours de français, des démarches administratives ou les accompagner lors de rendez-vous, les volontaires donnent de leur temps pour faciliter l’intégration des migrants. « Une solidarité s’est mise en place dès le début et elle ne s’est pas arrêtée », explique René Ratel. Peu avant Noël, un repas partagé a permis à la population et aux migrants de se rencontrer. Deux autres goûters du même genre ont eu lieu depuis. A. BM.

Que ce soit pour des cours de français, des démarches administratives ou les accompagner lors de rendez-vous, les volontaires donnent de leur temps pour faciliter l’intégration des migrants. Photo Le DL/Thierry GUILLOT.

TROIS QUESTIONS À…

François Chemin Maire de Fourneaux

« L’accueil des migrants ne coûte vraiment rien à la commune »

Pour Fourneaux, quel est le bilan de l’accueil des migrants ?

« Il est plus que positif. Ces gens sont d’une discrétion absolue, ils ne font jamais parler d’eux. Il n’y a aucun problème dans les relations avec la population, même si on ne peut pas empêcher les rumeurs de circuler, par exemple sur le revenu qu’ils toucheraient. En fait, la plupart d’entre eux n’ont encore rien perçu, et une fois qu’ils sont officiellement enregistrés, l’allocation d’attente, c’est 6 € par jour. Moi, je ne connais personne qui peut vivre avec moins de 200 € par mois… »

Question coût, justement, quelle est la part qui revient à la commune ?

« Absolument rien. Allez, je dirais, trois photocopies de temps en temps… L’accueil des migrants est une compétence de l’État, qui le finance entièrement. Chacun y met du sien, y compris l’Opac. Une solidarité s’est mise en place, mais ce sont les gens de l’agglomération de Modane- Fourneaux qui la font fonctionner, qui accueillent les migrants, leur donnent des cours de français. Il y a les Restos du coeur, la Banque alimentaire, mais aussi les associations catholiques. Tout le mouvement catholique social est là, alors même que tous les migrants sont musulmans. Ils sont allés une fois à Valfréjus, une fois à La Norma, et là encore ça n’a rien coûté : les moniteurs ont pris du temps pour eux, les remontées mécaniques ont offert les forfaits, tout fonctionne par la solidarité. »

Y a-t-il beaucoup de départs à la sauvette ?

« Pas chez les Africains. Chez les Afghans, oui, certains partent dès le début. Les Africains, eux, restent. Ils font preuve d’une réelle volonté d’apprendre le français, ils ont une attitude très “sociale”, sont très gentils. » Propos recueillis par Frédéric THIERS

Les cours de français figurent bien entendu au premier rang des aides proposées. Photo Le DL/Th. G.

1erMai  : « pas une voix ne doit aller à l’extrême droite  », pour la CGT

Pour la troisième année, la CGT avait choisi Fourneaux pour son annuelle Fête des travailleurs en Maurienne. Mais c’était la première fois que ce 1erMai prenait place entre les deux tours d’une élection présidentielle. Bernard Bois, au nom de l’union locale CGT, a été très clair : « pas une voix pour la candidate de l’extrêmedroite. l’utilisation des peurs, le sexisme, l’homophobie, la préférence nationale, ne réduiront pas les inégalités ». Défense des services publics, de l’industrie et du LyonTurin Il n’y a pour autant de vote d’adhésion en faveur d’Emmanuel Macron. À « l’austérité permanente et la misère  », le syndicat préfère « le progrès social et la solidarité  ». En pratique, pour lui, cela veut dire l’abrogation de la “loi travail”, le redéploiement des services publics de proximité, « l’augmentation significative des minima sociaux, le Smic à 1 800 €, les 32 heures de travail par semaine pour tous ». Restent les questions locales. Bernard Bois dénonce les suppressions d’emploi dans les services publics, notamment à la SNCF. Elle défend la réindustrialisation : des “Assises de l’industrie” seront organisées le 13 mai prochain. Elle soutient le LyonTurin, « bouffée d’oxygène en termes d’emploi et de report modal ». Frédéric THIERS

Un peu frigorifiés, quelques dizaines de militants ont parcouru quelques centaines de mètres de la salle des fêtes de Fourneaux à la gare de Modane, et retour, pour sacrifier au rite du défilé. Photos LeDL/F.T.

Dans la salle des fêtes, les participants à la journée ont pu, entre autres, trouver des livres proposés par la librairie Jean-Jacques Rousseau, avant d’écouter le discours de Bernard Bois, qui a détaillé les revendications de la CGT pour le pays, et pour la vallée.

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